La chair me manque. Ma chair appelle la chair, je le sens bien. Son goût, son odeur.
Mais pourquoi parle-je au singulier ? Suis-je donc amnésique à ce point ?
Ses saveurs, ses bruits, ses textures. Et ses senteurs. Oui, les odeurs surtout me manquent.
Mais j'attends. Patiemment. Refusant la facilité de la peau tarifée ou du sexe homonyme.
Je veux du temps parce que je veux apprendre à nouveau. Réapprendre le désir, les regards, l'envie.
Ca fait plus d'un an que j'ai eu mon dernier rapport sexuel. C'était avec un homme, à l'arrière de ma voiture. Une petite annonce passée en mai, ou juin, peu importe. 4 ou 5 fois on a baisé, comme ça, toujours au même endroit, sans véritable confort. Il y a eu une fois où c'était vraiment bien, sur le moment, et même un peu après. Mais ces plans ne me renvoyaient que le fait que mon lit était vide au final. Alors j'ai arrêté. Arrêté de faire ou répondre à des annonces pour des plans avec des hommes. Je me suis même renseigné une fois, pour une prostituée. Puis, au final, ça revenait au même.
Bien sûr que le sexe me manque. Mais je sens que ce n'est pas qu'une question de pulsion. Je ne veux pas me soulager, me vider. Je veux du désir, du fantasme fait chair, du partage.
Rien de tout ça ne se profile. Elles sont toutes en couple, ou trop loin, ce qui est un confort pour moi. Ça m'évite de tenter quoi que ce soit.
De plus ma ridicule expérience du corps féminin (je n'en ai connu qu'un depuis 1999) ne m'offre que peu d'assurance, ledit corps étant en plus particulièrement inconstant, imprévisible, peu enclin à se laisser apprivoiser, si ce n'est dans un coït ritualisé et monotone. Je me sens presque comme un puceau, comme si j'étais à nouveau sur les bancs de l'école de la chair. Oserai-je avouer que je me sens perdu le jour venu ?
Alors, oui, tout cela me travaille, mais il est hors de question pour moi de renoncer à ce que je ressens comme nécessaire, c'est à dire le respect de mon désir, désir plus fort, plus vital qu'un simple besoin de se vider les couilles.
Comme n'importe quel autre de mes actes est mû par une éthique, le sexe ne fera ainsi pas exception car comme tout autre des mes actes, il engage ma personne, mes valeurs et l'image que j'ai de moi-même.
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