- Qu'est-ce que vous
me voulez ?
Il enlève la cigarette
de ma main, tire une bouffée et la jette.
- Vous embrasser, si
vous me le permettez.
Je ne dis rien, et c'est
comme si j'acquiesçais. Il s'approche et ses mains passent sous ma
veste, dans le bas de mon dos. Ma bouche s'entrouvre et je sens ses
lèvres et le bout de sa langue.
- Je ne veux pas que
mes amis me voient.
Ai-je vraiment dit ça à
voix haute ? Je suis un tue-l'amour.
Sans rien me dire, il me
pousse vers un coin plus sombre. Alors que ses mains deviennent plus
insistantes, plus pressantes, je ne sais quoi faire des miennes.
J'ai chaud, je me laisse
faire malgré tout. Cela fait tellement longtemps que je n'ai pas ressenti autant
de désir à mon encontre dans un seul baiser.
- Je...
- Tais-toi,
laisse-moi faire.
Peu à peu, l'espace
autour de moi s'efface, je ne vois plus rien. Les seules sensation
que je perçois, au delà de ses mains, sont quelques mots, et le son
de son souffle dans le creux de mon cou.
Soudain, je sens ma jupe
se relever. Qu'est-ce qu'il fait ? Pas ici, non !
- Chut...
Sa bouche s'approche de mon oreille. Son souffle chaud, ses murmures...
- Je ne vais pas te prendre. Laisse-moi faire. Simplement.
Sa main se cale contre
ma culotte, pressante, précise. Je sens cependant qu'il y en a au moins une qui
est plus qu'à l'aise dans cette situation, en tout cas bien plus que
sa propriétaire. Ses doigts contre le tissu longent toute ma fente.
- Jouis en silence,
on est quand même en pleine rue.
J'ai dû laisser
s'échapper un gémissement. Quelque chose, là haut, dans ma conscience, me dit que je ne fais rien comme il faut, que je suis cruche. Une cruche facile. Une cruche facile qui...
On ne se connait pas, et pourtant il me tient. Je n'ai même pas peur. Il
embrasse mon cou et introduit ses doigts au cœur de ma fente, et je
ressens au même moment comme un soulagement, comme une envie de
dire, dans un grand soupir, enfin.
Enfin !
- Sors ma queue et
branle-moi toi aussi.
Il
me tient par la moitié de moi qui ne refuse presque rien tant
qu'elle est cajolé, alors j'obéis docilement.
Je la sors à peine,
préférant que la paume de ma main fasse glisser le prépuce de haut
en bas, tout contre son bas-ventre. Les yeux se ferment et
je suis ailleurs. Je ne sens même plus comment il me caresse, je
sens juste l'ultime tressaillement monter doucement le long de mon
échine.
Son souffle s' accélère,
je crois le sentir mordre ses lèvres.
Sans prévenir, un
orgasme m'explose le crâne et je me plonge, un sourire au lèvres,
au creux de son cou pour étouffer mes gémissements. Lui aussi jouit
soudainement, sa toison pubienne se poisse, il soupire longuement sur
mon épaule.
Soudain la réalité me
rattrape. Je regarde furtivement autour de moi. Ni spectateurs, ni gyrophares, ni peloton d'exécution. Je sauve la face.
- Tu peux essuyer ta
main sur ma chemise.
Lui, par
cette petite phrase, me montre à l'inverse qu'il sait exactement ce qui vient de
se passer. Je le regarde à peine, peur de passer pour je ne sais quoi, peur d'être moche passé l'orgasme.
Aucun homme n'avait osé me faire ça. Surtout, je n'avais jamais laissé
un homme oser cela, et je n'aurai su l'envisager. Mais il faut que je sois honnête avec moi-même, ne serait-ce que le temps d'un soupir : c'était bon. Et, bordel de merde, c'était même foutrement bon. Que
dois-je dire, ou faire, à présent ?
- Tu te sens mal à
l'aise, alors ne dis rien. Écris-moi juste ton prénom sur ce
papier, et ton numéro de téléphone. Si c'est un faux, j'aurai
compris le message.
J'écris mon prénom, et
un numéro de téléphone. Mon portable. Il m'embrasse avec tout
autant de désir que la première fois alors que je lui rends son
bout de papier.
- Je t'appelle.
Promis.
Je ne t'ai rien demandé.
Il caresse mon visage et
s'en va. J'allume une cigarette. Mes doigts portent son odeur. Je pense à peine à
quelque chose.
Il est temps de rentrer.
à suivre...