10/09/2013

7 Jours - 1. Samedi - (dernière partie)

    - Qu'est-ce que vous me voulez ?

     Il enlève la cigarette de ma main, tire une bouffée et la jette.

    - Vous embrasser, si vous me le permettez.

    Je ne dis rien, et c'est comme si j'acquiesçais. Il s'approche et ses mains passent sous ma veste, dans le bas de mon dos. Ma bouche s'entrouvre et je sens ses lèvres et le bout de sa langue.

    - Je ne veux pas que mes amis me voient.

    Ai-je vraiment dit ça à voix haute ? Je suis un tue-l'amour.

     Sans rien me dire, il me pousse vers un coin plus sombre. Alors que ses mains deviennent plus insistantes, plus pressantes, je ne sais quoi faire des miennes.

    J'ai chaud, je me laisse faire malgré tout. Cela fait tellement longtemps que je n'ai pas ressenti autant de désir à mon encontre dans un seul baiser.

    - Je...
    - Tais-toi, laisse-moi faire.

    Peu à peu, l'espace autour de moi s'efface, je ne vois plus rien. Les seules sensation que je perçois, au delà de ses mains, sont quelques mots, et le son de son souffle dans le creux de mon cou.

    Soudain, je sens ma jupe se relever. Qu'est-ce qu'il fait ? Pas ici, non !

    - Chut...

    Sa bouche s'approche de mon oreille. Son souffle chaud, ses murmures...

    -  Je ne vais pas te prendre. Laisse-moi faire. Simplement.

     Sa main se cale contre ma culotte, pressante, précise. Je sens cependant qu'il y en a au moins une qui est plus qu'à l'aise dans cette situation, en tout cas bien plus que sa propriétaire. Ses doigts contre le tissu longent toute ma fente.

    - Jouis en silence, on est quand même en pleine rue.

    J'ai dû laisser s'échapper un gémissement. Quelque chose, là haut, dans ma conscience, me dit que je ne fais rien comme il faut, que je suis cruche. Une cruche facile. Une cruche facile qui...
    On ne se connait pas, et pourtant il me tient. Je n'ai même pas peur. Il embrasse mon cou et introduit ses doigts au cœur de ma fente, et je ressens au même moment comme un soulagement, comme une envie de dire, dans un grand soupir, enfin.
    Enfin !

    - Sors ma queue et branle-moi toi aussi.

   Il me tient par la moitié de moi qui ne refuse presque rien tant qu'elle est cajolé, alors j'obéis docilement.
    Je la sors à peine, préférant que la paume de ma main fasse glisser le prépuce de haut en bas, tout contre son bas-ventre. Les yeux se ferment et je suis ailleurs. Je ne sens même plus comment il me caresse, je sens juste l'ultime tressaillement monter doucement le long de mon échine.

    Son souffle s' accélère, je crois le sentir mordre ses lèvres.

    Sans prévenir, un orgasme m'explose le crâne et je me plonge, un sourire au lèvres, au creux de son cou pour étouffer mes gémissements. Lui aussi jouit soudainement, sa toison pubienne se poisse, il soupire longuement sur mon épaule.

     Soudain la réalité me rattrape. Je regarde furtivement autour de moi. Ni spectateurs, ni gyrophares, ni peloton d'exécution. Je sauve la face.

    - Tu peux essuyer ta main sur ma chemise.

    Lui, par cette petite phrase, me montre à l'inverse qu'il sait exactement ce qui vient de se passer. Je le regarde à peine, peur de passer pour je ne sais quoi, peur d'être moche passé l'orgasme.
    Aucun homme n'avait osé me faire ça. Surtout, je n'avais jamais laissé un homme oser cela, et je n'aurai su l'envisager. Mais il faut que je sois honnête avec moi-même, ne serait-ce que le temps d'un soupir : c'était bon. Et, bordel de merde, c'était même foutrement bon. Que dois-je dire, ou faire, à présent ?

    - Tu te sens mal à l'aise, alors ne dis rien. Écris-moi juste ton prénom sur ce papier, et ton numéro de téléphone. Si c'est un faux, j'aurai compris le message.

    J'écris mon prénom, et un numéro de téléphone. Mon portable. Il m'embrasse avec tout autant de désir que la première fois alors que je lui rends son bout de papier.

    - Je t'appelle. Promis.

     Je ne t'ai rien demandé.

     Il caresse mon visage et s'en va. J'allume une cigarette. Mes doigts portent son odeur. Je pense à peine à quelque chose.

    Il est temps de rentrer.

à suivre...

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