- Ça va ? T'as l'air
bizarre.
- Non, non, juste le
verre qui monte un peu à la tête.
Personne n'a vu ce qui
vient de se passer. Je ne dis rien, pas envie de devenir le centre de
toutes les curiosités et de toutes les suppositions. Je suis très
bien capable d'en faire toute seule.
Évacuons d'abord la
question du physique, en allumant une cigarette. Je ne sais même pas
à quoi il ressemble. D'ailleurs, est-ce que je ressemble à quelque
chose, moi ?
Évacuons également
l'éventuel psychopathe, juste pour faciliter ma décision finale.
Pourquoi dirai-je oui ?
La curiosité, l'excitation, le frisson de l'inconnu. Pourquoi dirai-je non ?
La peur et la paresse, essentiellement. Je n'en sais rien
finalement. Je ne sais même pas dans quel but je devrai l'attendre.
Est-ce que je saute, et surtout avec ou sans parachute ?
Surtout je retourne à
des boissons non alcoolisées, qui m'aideront à ne pas obscurcir mon
jugement et à ne pas laisser ma Miss Hyde prendre le dessus.
Une heure du matin, puis deux
heures. Il est temps pour moi de rentrer, et je dois prendre une
décision.
2 heures 17, je dis au
revoir à mes amis, dont il apparaît que le temps que j'ai passé
ici semble suffisant pour leur donner l'impression que je me suis
finalement changée les idées en leur compagnie. Je ramasse mes clopes et
me dirige vers le vestiaire. Je récupère ma veste. Le videur m'ouvre la
porte avec un grand sourire en me souhaitant une bonne nuit. Je lui
renvoie la pareille et je m'allume une cigarette.
Comme il me l'a demandé,
je descends la rue quelques mètres plus bas. La nuit est douce. Ma
voiture est dans cette direction, pas très loin d'ailleurs mais je
m'arrête. Je veux juste savoir ce qu'il veut. Rien ne me pousse à
tout accepter, ou même à tout refuser.
La porte du bar s'ouvre.
C'est lui, je crois. Il descend vers moi. Je frissonne comme une
gamine à qui l'on va rouler sa première pelle. Il me rejoint.
- Vous avez froid ?
- Non.
- Pourquoi vous
m'avez attendu ?
- Par curiosité.
Je tire nerveusement sur
ma cigarette.
- Vous n'avez pas
peur ?
Pauvre con, ne me dis
pas ça.
- Qu'est-ce que vous
me voulez ?
Il enlève la cigarette
de ma main, tire une bouffée et la jette.
- Vous embrasser, si
vous me le permettez.
à suivre...
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